Édifices et artifice

À propos

Édifices et Artifice explore l’imposture de l’architecture canadienne au sein de l’imaginaire cinématographique collectif. L’exposition représentera le Canada à la 17e Internationale d’architecture – la Biennale de Venise 2020. Le projet est organisé et mis en scène par la firme d’architecture montréalaise T B A et David Theodore de l’université McGill, qui orientent leur recherche sur de nouvelles manières de découvrir, d’interpréter et d’expérimenter l’environnement bâtit contemporain.

Édifices et Artifice s’intéresse à l’architecture Canadienne et à sa condition de ciné-célèbre. Partout à travers le monde, nombreuses personnes reconnaissent nos bâtiments, non seulement parce qu’ils visitent nos villes et apprécient nos édifices, mais parce qu’ils regardent les films et la télévision. Contrairement à Paris, New York, Londres ou Rio de Janeiro, les villes canadiennes sont rarement les lieux hôtes des grandes histoires de la culture populaire mondiale. Nos lieux sont plutôt utilisés pour en doubler d’autres par les réalisateurs et les producteurs de télévision et cinéma.

En utilisant les techniques d’effets spéciaux, les montages supercut  et l’environnement sonore immersif, l’exposition soulève des questions concernant les transformations de l’architecture canadienne au travers de la culture populaire contemporaine. Pourquoi les villes Canadienne sont-elles de si bon duplicata de l’Ailleurs au cinéma? Qu’est-ce qui permet à Winnipeg de doubler tour à tour Chicago (Richard Gene avec Shall We Dance?), San Francisco (Ben Kingsley avec You Kill Me), et d’incarner le mythe fondateur de l’Ouest américain (Brad Pitt avec The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford)?

Édifices et Artifice, bien qu’offrant une expérience divertissante, introduit une contre-proposition à la glorification de l’identité nationale établi par des organismes nationales tel que CBC/Radio-Canada et l’Office Nationale du Film. L’exposition s’appuie également sur une réévaluation actuelle de la transmission culturelle et de la fiction. Les théoriciens contemporains utilisent, entre autres, les idées du philosophe canadien Marshall McLuhan pour basculer notre compréhension de la relation entre le monde fictif et l’environnement tangible qui le soutient. C’est à travers le plaisir et la fascination, éveillés à la fois par le cinéma et les bâtiments, qu’Édifices et Artifice souligne et élargi les manières de percevoir; une nouvelle perception du pavillon canadien; la perception à la fois familière et étrange des paysages urbains et des bâtiments reconnus dans les films; et la perception des films qui y seront montrés. La ville imposteur, plutôt qu’être spécifique, brouille les frontières, elle est intrigante plutôt qu’intelligible, diverse et multiforme plutôt qu’homogène.

L’exposition introduit une nouvelle interprétation de notre mode bâti à travers les grands et les petits écrans, investiguant à la fois les simulations cinématographiques et la condition virtuelle. Dans son livre America (1988), Le sociologue Jean Baudrillard décrit les métropoles de l’Amérique du Nord comme « un écran de signes et de formules ». Il écrit que « la ville américaine semble elle aussi issue vivante du cinéma. Il ne faut donc pas aller de la ville à l’écran, mais de l’écran à la ville pour en saisir le secret. » Édifices et Artifice imagine donc l’architecture à travers de nouveaux modes de consommation et de perception. L’expérience du film en elle-même, est à la croisée des chemins. Les nouvelles plateformes, Netflix, YouTube et Amazon Prime, brouillent la différence qualitative entre la télévision et le cinéma. Le format 16 :9 des téléphones intelligents bouscule la cinématographie, qui ne peut désormais plus se définir par l’immobilité du corps de l’humain et de l’écran. L’imposteur canadien, ouvre la voie à de nouveaux environnements artificiels qui incluent à la fois le contenu digital et la projection de l’expérience audio-visuelle au dehors des salles et du salon.

La participation canadienne officielle à la Biennale d’architecture de Venise 2020 est coordonnée et généreusement soutenue par le subventionnaire principal, le Conseil des arts du Canada